Tout un chacun a un rapport avec la marge qui lui est particulier.
Pour certains, ce sont les souvenirs d’enfance qui reviennent. Ils se voient guettant les annotations de l’instituteur qui, de sa belle plume ou à l’aide de son stylo rouge, commentait les erreurs ou parfois félicitait sous la forme d’un « bien » ou « b » posé là, dans cet espace blanc, non quadrillé, autour d’une prose encore indéfinie…
Pour d’autres, il s’agit d’une zone à ne pas franchir. C’est le cas des imprimeurs qui tiennent compte des marges encadrant la feuille, véritables obstacles à une pensée qui se voulait fluide.
Et pourtant, la marge n’en devient-elle pas ce qui soutient, fait rebondir la pensée, de ligne en ligne, de chapitre en chapitre. Ne se joue-t-on pas également de la marge par ces « contre-espaces » que sont les tabulations… La marge est alors ce qui tient la page, support physique d’une pensée.
Plus spécifiquement encore, dans le champ de l’économie, ce terme renvoie à la théorie de l’utilité marginale mais également à la marge bénéficiaire. Bénéfice… Le terme est lancé. Dans le social comme dans la santé, il dérange encore. Pourtant, une question reste au cœur de toute action que nous entreprenons : quel en est le bénéfice pour la population ? Bénéfice qu’il convient de différencier de lucre. Il ne s’agit pas de tirer un profit individuel d’une situation, mais bien de comparer une situation avant et après, avec la perspective d’un intérêt collectif.
Sur le plan social, du développement local ou encore de la santé, ne nous parle-t-on pas également de populations marginalisées... Ou encore de personnes défavorisées... « Ces mots me font mal » exprimait une dame du « quart monde », préférant substituer « défavorisé » par « dévalorisé ».
Ce sont ces paroles, ces entretiens, ces acceptions « à la marge » qui donnent et font sens à notre projet de SCIC communication… « à la marge » est à la croisée de ces trajectoires personnelles, de cette nécessaire technicité, de cette approche coopérative de l’économie sociale et solidaire.